Le Wakhan se situe au nord-est de l’Afghanistan. C’est une étroite bande de terre de 350 km de long dessinée en 1895 pour faire un tampon être l’empire des Indes britanniques et l’Empire russe.

De nos jours, elle se glisse entre le Pakistan et le Tadjikistan et s’étire jusqu’à la Chine. Trois chaines de montagnes y convergent pour former ce que l’on appelle le nœud du Pamir : l’Hindu Kush, le Karakoram et le Pamir.

Le Wakhan est composé du Corridor du Wakhan, dont l’altitude est comprise entre 2.000 et 3.500m, et du Pamir afghan, dont l’altitude est supérieure à 3.500m. Les montagnes alentours culminent à plus de 7.000 mètres. La beauté de ces paysages vertigineux est à couper le souffle.

 


Le Wakhan est l’une des provinces les plus pauvres d’Afghanistan. La culture de la terre est difficile et il faut faire venir de l’extérieur la plupart des denrées vitales : sucre, sel, médicaments…

L’hiver dure huit mois et la température descend jusqu’à - 40°C. Dans ces conditions, l’existence y est très dure : 1 enfant sur 3 meurt à la naissance et l’espérance de vie ne dépasse pas 40 ans.

Il n’y a pas de trace de développement au Wakhan. On s’y déplace à pied, ou alors à dos de cheval ou de yak. Le gouvernement n’y a pas d’emprise. Voyager dans le Wakhan, c’est remonter le temps… A côté, l’Afghanistan sans électricité paraît moderne.

Deux couches de population y cohabitent en harmonie : Les Wakhis et les Kirghizes. Les Wakhis vivent dans le Corridor, tandis que les Kirghizes vivent plus haut et plus loin, dans le Pamir afghan, qu’on appelle aussi « Bam-e-Dunya », ou Toit du Monde.

Les Wakhis sont des Ismaéliens, des Chiites pacifiques dont le chef spirituel est l’Aga Khan. Ils seraient environ 10.000 à vivre en Afghanistan (et 40.000 dans les vallées alentours du Tadjikistan, du Pakistan et de la Chine). Ce sont des fermiers qui résident en sédentaires dans leurs villages. Ils cultivent essentiellement le blé, l’orge et les pommes de terre. Chaque été, les Wakhis emmènent leurs bêtes à la pâture sur les hauts plateaux.

Les Kirghizes sont des nomades qui habitent dans des yourtes et qui se déplacent jusqu’à 4 fois par an. Leurs campements se situent entre 4.000 et 4.500m. Ils sont environ 1.200 en Afghanistan.

Ils ne cultivent pas la terre et vivent grâce à leur bétail. Pour compléter leur alimentation, ils ont recours au troc avec les marchands ambulants et leurs voisins wakhis. Ils refusent toute forme de développement, ce sont les derniers nomades d’Asie Centrale. Ils sont touchés par un fléau, l’opium : la moitiés des hommes en seraient dépendants.

La région cultive depuis toujours une grande tradition d’hospitalité. Au Wakhan, les femmes se conduisent librement, à l’égal des hommes. Sans voile et sans entrave à leur autonomie, elles s’expriment ouvertement et jouent un rôle un important dans le foyer comme dans la société.

Une faune intacte y subsiste : on peut y voir notamment le Marco Polo (le célèbre mouflon du Pamir), le léopard des neiges et l’ours brun. Le loup gris, le renard rouge, l’ibex et autres chats sauvages vivent aussi dans ces vallées reculées.

 

Le Wakhan est peuplé depuis plus de 2.500 ans, et son histoire est marquée par les passages des conquérants et des explorateurs qui ont balayé la région. Les pétroglyphes et les vestiges archéologiques témoignent de ce passé riche. Situé sur la route de la soie, de nombreux marchands empruntaient le corridor du Wakhan pour se rendre en Chine. Marco Polo et Gengis Khan seraient passés par là.

Le Corridor du Wakhan est une des régions les plus reculées du pays, mais c’est aussi un des rares endroits épargnés par la guerre. Ce territoire offre ainsi une enclave de paix propice à cette aventure. La région, très courue par les touristes dans les années 1960 et 1970, a sombré dans l’oubli avec la guerre. Pourtant, elle est restée épargnée par les conflits.

Aujourd’hui, ses habitants sont impatients de voir les voyageurs revenir. Isolée, la région est sûre – elle n’a jamais connue les Talibans. De plus, elle est accessible directement depuis le Tadjikistan voisin. Des tours opérateurs commencent à s’intéresser à cette vallée et y amènent des groupes de trekkeurs.

 


Pour se rendre au Wakhan, il faut traverser le Badakhshan tadjik sur la célèbre Pamir Highway. Cette route serpente entre des montagnes aux dimensions vertigineuses. C’est la deuxième plus haute autoroute internationale du monde. Cet itinéraire est utilisé depuis des millénaires et servait de passage pour la route de la soie. Aujourd’hui, malgré les réhabilitations fréquentes, la route est en mauvais état, et il faut de la patience pour s’y aventurer. Mais le voyageur est récompensé par la beauté d’une succession de paysages vertigineux.

La région offre un mélange intéressant de traditions : Pamirie, islamique et soviétique. La culture tadjike est celle de l’un des seuls peuples d’origine iranienne vivant dans les montagnes d’Asie centrale. Elle est riche et chaleureuse, et renaît aujourd’hui après avoir été fortement minée par l’influence soviétique. Vous n’oublierez pas votre passage par le Tadjikistan !


Le Tadjikistan, officiellement République du Tadjikistan, est le plus petit pays de l’Asie centrale par sa superficie. 93 % de son territoire est constitué de montagnes, tandis que plus de la moitié de sa superficie se situe au-delà de 3.000m.

Le Tadjikistan est habité par les Tadjiks ainsi que par une multitude de minorités dont les principales sont les Ouzbèkes et les Russes. La grande majorité des Tadjiks sont musulmans. La langue officielle est le tadjik, mais le russe est parlé couramment dans le commerce et les institutions gouvernementales.

Le Tadjikistan reste l'État le plus pauvre de l'ex-URSS, malgré une croissance soutenue ces dernières années. Les sources de revenu, liées à l'exportation du coton et de l'aluminium, sont précaires et rendent l'économie vulnérable aux cours du marché.

Le Tadjikistan garde en lui des régions inexplorées, qui sont parmi les plus authentiques de l’Asie centrale. Sa nature sauvage et ses paysages sublimes méritent que l’on s’y attarde.

À l'est et au sud, la région du Haut Badakhshan est constituée de hauts plateaux de type tibétain, le Pamir, à la lisière nord desquels s'élèvent trois des cinq sommets de plus de 7.000 mètres de l'ancienne URSS : le Pic de l'indépendance (ancien Pic Lénine, 7.134 m, à la frontière avec le Kirghizistan), le Pic Ismail Samani (ancien Pic du Communisme), plus haut sommet du pays et de l'ex-URSS à 7.495 m, et le Pic Korzhenevskoi (7.105 m). Les glaciers du Pamir sont la principale source d'eau de l'Asie centrale, et alimentent les fleuves du Syr-Daria et de l'Amou-Daria.

 
La plupart des photos de ce site sont l’œuvre de Jérôme Veyret